Festival des écrans britanniques et irlandais 2025
Le Festival des Ecrans britanniques et irlandais revient pour une 28e édition du 14 au 23 mars 2025 ! Au programme : la place des minorités noires dans le cinéma britannique; deux hommages à deux grandes figures féminines : Maggie Smith et Marianne Faithfull. Une rétrospective consacrée à l’un des maîtres du cinéma britannique, Anthony Asquith.

Les invités
- Chris Auty - directeur London Film School
- Sarah Gavron - réalisatrice
- Paul Kennedy - acteur et réalisateur
- Justin Kwedi - critique de cinéma
- Michael Coveney - journaliste et critique
- Claude Chastagner - professeur des universités, spécialiste de la musique anglo-américaine
- Nicolas Botti - historien du cinéma
- Barbara Gouget - conservatrice du Musée des Beaux-arts de Nîmes
- Stéphanie Perez - grand reporter
- Karine Bigand - maîtresse de conférences en études Irlandaises
- John Reichenbach - journaliste et écrivain
Egalement :
- Karl Naegelen - compositeur
Sous réserve :
- Edward Lovelace
- Andy Mundy-Castle
Bande annonce du Festival des écrans britanniques et irlandais 2025
Le programme des 10 jours du festival
Carré d'Art :
- Hard Trust - 20h45
Avant-première- Deux sœurs
- Drame de Mike Leigh (Esp/UK, 2025, 1h37). Avec Marianne Jean-Baptiste, David Webber et Michele Austin
- Pansy est une femme acariâtre qui vit dans un enfermement émotionnel. Ses accès de colère l’isolent et la plongent dans la dépression. Une seule personne semble accepter sa différence : sa sœur. Un film poignant et authentique qui explore avec une rare intensité les luttes intimes et les dilemmes moraux de personnages issus de milieux modestes. À travers des performances magistrales et une mise en scène immersive, Mike Leigh plonge le spectateur dans une quête d'acceptation et de résilience face aux blessures du passé. « Après ses deux fresques historiques de grande envergure en 2014 et 2018, Mr. Turner et Peterloo, ce film marque un retour au style classique de Leigh, ancré dans un monde contemporain. Rythmé par la musique onirique de Gary Yershon, collaborateur musical de longue date de Leigh. » (Peter Bradshaw)
- Hard Trust - 20h45
Carré d'Art :
- A Garden of a Thousand Bees - 10h - présenté par Denis Cambon, vice président du Syndicat d’apiculture du Gard - avec l’aimable collaboration du British Council
Inédit- Mon jardin aux mille abeilles
- De David Allen (UK, 2021, 53 min)
- Il s’agit d’un film documentaire réalisé durant le confinement du COVID 19. Martin Dohrn, cinéaste animalier, a entrepris de se pencher sur les multiples espèces d’abeilles et autres pollinisateurs présents dans le petit jardin urbain de son domicile à Londres. Un petit jardin citadin aux allures de jungle et de savane ! Martin Dohrn observe ces insectes sous un jour nouveau et arrive à en reconnaître les espèces, voire certains individus, dont il analyse les comportements remarquables. Une fenêtre inattendue – originale et captivante – ouverte sur le microcosme des insectes, si divers et actif même au sein d’une grande métropole. Des images rares et époustouflantes, jointes à un commentaire passionnant. Le film sorti en 2021 a connu un joli parcours dans les festivals, avec comme point d’orgue sa nomination pour un Emmy Award catégorie documentaire en 2023 «Festival Le Grand Bivouac» Albertville «Les coups de cœur du Gran Paradisio Film Festival»
- White Nanny, Black Child - 14h - présenté par Andy Mundy-Castle (sous réserve) - avec l’aimable collaboration du British Council
Inédit- Nourrice blanche et enfant noir
- Documentaire, de Andy Mundy-Castle (UK, 2023, 1h10)
- Dans ce documentaire poignant, le réalisateur s’intéresse au sort des 70 000 enfants nigérians qui ont été élevés officieusement par des familles britanniques blanches entre 1955 et 1995 tandis que leurs parents poursuivaient leurs rêves d’une vie meilleure en GrandeBretagne. Andy Mundy-Castle filme neuf adultes qui participent à un atelier afin de partager leur expérience. C’est aussi l’occasion de réfléchir sur leur identité, leur sentiment d’appartenance et la famille. Produit pour Channel 5, « White Nanny Black Child » a été récompensé par les BAFTA et la Royal Television Society.
- We Dive at Dawn - 16h
- Plongée à l’aube
- Guerre, drame, d’Anthony Asquith (UK, 1943, 1h38). Avec John Mills, Eric Portman, Reginald Purdell, Niall McGinnis
- Deux grands acteurs de l’époque John Mills et Eric Portman se partagent la vedette. Recette éprouvée en matière de scénario : une longue introduction lors d’un retour du sous-marin à la base permet de camper les membres de l’équipage dans leur diversité. Ainsi John Mills, en sympathique capitaine, modeste mais efficace, est l’antithèse d’Eric Portman qui interprète un technicien chargé de détection acoustique sousmarine, abrupt, fermé, car tourmenté par des soucis personnels. Pour ne pas être localisés, les sous-marins rituellement naviguent de nuit en surface, et « plongent dès l’aube », comme l’explicite le titre du film. Mais cette fois-ci, en raison de l’urgence de la mission d’interception - il s’agit d’être à l’entrée de la Baltique dans moins de 48 heures -, il faudra également naviguer en surface de jour, une prise de risques qui accroît le suspense…
Sémaphore :
- Les aventures de Morph - 16h - film Jeune Public
- (UK, 2025, 40 min), Animation, de Merlin Crossingham
- Derniers nés du studio Aardman (Wallace et Gromit, Shaun le mouton…), ces 8 courts-métrages assemblés en un film de 40 minutes emmènent le spectateur dans l’univers de Morph, petit être en pâte à modeler. Vivant dans un atelier d’artiste, Morph entraîne ses nombreux compagnons (dont les toutes petites créatures, diffusées l’an dernier lors du festival) dans des aventures rocambolesques qui ne manqueront pas de faire rire les petits et les grands. Les moindres recoins de l’atelier et de sa terrasse donneront lieu à des cascades improvisées, des tactiques pour se proclamer roi d’un château et de nombreux autres rebondissements. La recette du studio Aardman est connue et elle est ici reprise avec efficacité et succès: la technique de l’animation pas à pas (stopmotion), beaucoup d’humour, un soin particulier apporté aux décors et une créativité jamais tarie.
- Four Mothers - 18h
Avant-première- de Darren Thornton (IRL, 2024, 1 h 29) , réalisateur et co-scénariste avec son frère Colin. Avec James McArdle, Fionnula Flanagan
- Il s’agit d’une plaisante transposition dans le contexte irlandais d’aujourd’hui du film à succès: «Il pranzo di ferragosto/Le repas du 15 août» (2008) de l’acteur-réalisateur italien Gianni di Gregorio. Un romancier se dévoue auprès de sa mère handicapée. Son livre obtient un succès inattendu et il est sollicité pour en faire la promotion, notamment aux USA ; cela demande qu’il laisse quelque temps sa mère seule, ce à quoi il a du mal à se résigner. Mais le problème se complique énormément quand trois de ses amis homosexuels lui confient tour à tour leurs mères respectives dans le but de partir faire la fête, le temps d’une fin de semaine. Le voilà contraint de faire face à quatre femmes âgées au caractère bien trempé. Qu’on se rassure : il survivra… même sur le plan professionnel
- September Says - 20h30
Avant-première- Septembre a dit
- Thriller psychologique d’Ariane Labed (FRA/UK, 2024, 1h40), avec Mia Tharia, Rakhee Thakrar, Rachel Benaissa, Niamh Moriarty
- Dans ce drame familial troublant, le jeu (dans sa version française «Jacques a dit») entraîne les deux sœurs, September la manipulatrice et la cadette July l’introvertie dans des excès morbides. Leur mère (excellente Rakhee Thakrar) est impuissante à endiguer leur violence. Elle-même, photographe, à un rapport déroutant à la beauté de ses filles. Le trio inséparable, en rupture sociale, se réfugie en Irlande dans un enfermement sans échappatoire. A partir de là, le thriller psychologique prend une dimension inquiétante, à la frontière du fantastique et en écho à l’environnement sauvage, lui aussi d’une beauté inquiétante. La réalisatrice dont c’est le premier long métrage excelle à dévoiler l’emprise toxique qui est à l’œuvre derrière l’amour fusionnel des deux sœurs. Le film a été primé au Festival de Dinard 2024. A souligner la performance étonnante des trois actrices remarquablement dirigées.
- A Garden of a Thousand Bees - 10h - présenté par Denis Cambon, vice président du Syndicat d’apiculture du Gard - avec l’aimable collaboration du British Council
Sémaphore :
- A Room with a View - 11h
- Chambre avec vue
- Réal. James Ivory (UK, 1985, 1h56) d’après le roman de E. M.Forster, avec Maggie Smith, Helena BonhamCarter, Julian Sands, Daniel Day-Lewis
- Au cours d’un voyage en Italie, Lucy, jeune fille de bonne famille accompagnée d’une cousine de sa mère qui fait fonction de guide et de chaperon (magnifique Maggie Smith), rencontre le beau George dont elle s’éprend. Mais on le dit libre-penseur, et on ne badine pas avec ces choses-là dans l’Angleterre victorienne. Que va donc faire Lucy, par ailleurs déjà fiancée ? Ivory, citoyen américain, brosse ici une peinture réussie d’une Angleterre très rigide, dans laquelle on voit sourdre la contestation. Ce film, adapté du roman d’E.M. Forster, a remporté plusieurs prix aux Oscars de 1987. Une valeur sûre à découvrir ou à revoir.
- Harvest - 14h
- (UK/US/All, 2025, 2 h 11). Drame, d’Athina Rachel Tsangari. Avec Caleb Landry Jones, Harry Melling, Rosy McEwen
- En Écosse, dans un passé non daté, un village de paysans coule des jours paisibles. Jusqu’au jour où leur intégrité territoriale et leur identité se trouvent menacées. Adapté d’un roman de Jim Crace, le film adopte le point de vue de Walter Thirsk, un fermier, témoin de la désintégration d’une communauté en apparence harmonieuse. Tour à tour poétique et violente, la description de ce paradis perdu, servie par une interprétation subtile et une photographie remarquable, nous renvoie constamment à de nombreux thèmes contemporains. Une œuvre singulière et originale sélectionnée à la Mostra de Venise.
- Rocks - 16h30 - rencontre avec Sarah Gavron (en visio)
- (UK, 2020, 1h33), Drame social, de Sarah Gavron. Avec Bukky Bakary, Kosar Ali, D’Angelou Osei Kissiedu
- Aventure socio-réaliste située dans une communauté multi-ethnique de l’East London, Rocks met en vedette Bukky Bakray dans le rôle d’Olushola, surnommée Rocks, une adolescente de 15 ans d’origine nigériane. Elle vit avec sa mère célibataire, psychologiquement fragile, et son petit frère Emmanuel. Quand sa mère les abandonne (pour un jour, une semaine, qui sait ?), ils sont obligés de se débrouiller tout seuls. Ils deviennent des fugitifs, recherchés par les services sociaux. Si leur fuite est le fil conducteur du film, les meilleurs moments sont ceux où Rocks et ses copines ne font rien de plus qu’être ensemble, bavarder, rire, se taquiner et se maquiller… Les acteurs, pour la plupart non professionnels, ont enrichi le scénario de leurs véritables histoires et de leur façon de parler. Il en résulte un film exubérant et audacieux, plein d’énergie et d’humour, qui a été récompensé de plusieurs prix dont celui de l'interprétation pour l'ensemble des acteurs au Festival international du film de Dublin en 2020.
- Brian Jones and The Rolling Stones - 18h15 - présenté par Claude Chastagner
- Documentaire musical, de Nick Broomfield (UK, 2025, 1h38) - Ecrit par Nick Broomfiled et Marc Hoeferlin
- Bien que disparu prématurément en 1969, et en retrait des Rolling Stones dont il fut le fondateur au cours des dernières années de sa vie, Brian Jones demeure éternellement associé à ce groupe mythique. Nick Broomfield revient sur la courte vie de ce génie perdu, l’importance de son influence musicale dans l’identité initiale des Stones puis sa descente aux enfers professionnelle et personnelle, malgré son immense talent et son pouvoir de séduction. On connaît l’histoire, mais elle a rarement été racontée de manière aussi édifiante et émouvante.
- Irina Palm - 20h30 - Goodbye Marianne Faithful - présenté par Claude Chastagner
- (UK, 2007, 1h43) Comédie dramatique, de Sam Garbarski Avec Marianne Faithfull, Predrag Manojlovic, Kevin Bishop, Siobhan Hewlett
- Le rôle d’Irina Palm est interprété par la célèbre chanteuse de rock (’n’roll) Marianne Faithfull qui s’est éteinte le 30 janvier 2025. Elle campe ici une grand-mère prête à tout pour sauver son petit-fils mourant, y compris se sacrifier en acceptant un emploi d’hôtesse dans une boîte à sexe de Soho. Un film drôle et émouvant où l’actrice offre une très belle prestation dans un rôle à contre-emploi. Côtoyant les Rolling Stones dans les années 60, Marianne Faithfull a un temps partagé la vie de Mick Jagger et sorti son premier album en 1965. En plus de sa carrière dans la chanson avec son timbre de voix particulier, elle s’est également illustrée à la télévision et au cinéma dans près d’une trentaine de films en tant qu’actrice, notamment en France dans Made in USA de Godard, ou encore auprès d’Alain Delon dans La motocyclette, également diffusé par notre festival cette année.
- A Room with a View - 11h
Sémaphore :
- Ladies in Lavender - 16h
- Les Dames de Cornouailles
- Drame, de Charles Dance. (UK, 2005, 1 h 43). Avec Maggie Smith, Judi Dench, Natascha McElhone, David Warner
- Ursula Widdington et sa sœur Janet ont toujours vécu ensemble dans leur cottage perché au sommet d’une falaise de Cornouailles. Indifférentes aux vicissitudes du monde, leur existence paisible et leurs fréquentations se résument au village voisin et à ses habitants. Mais un jour de 1936 la mer rejette le corps d’un jeune naufragé polonais. Les deux sœurs l’hébergent pendant sa convalescence. Sans s’en douter, cet hôte inattendu bouleverse la vie des deux femmes. Les deux monstres sacrés que sont Judi Dench et Maggie Smith étaient ici réunies pour la troisième fois après A Room with a View (1985) et Tea with Mussolini (1999).
- Kneecap - 18h15
Avant-première- Comédie, biopic musical gaélique de Rich Peppiatt (IRL/UK, 2024, 1h45) . Avec Móglaí Bap, Jessica Reynolds, Mo Chara (II), DJ Próvai, Michael Fassbender
- Biopic du groupe de rap engagé de Belfast Kneecap, figure de proue des droits civiques irlandais. Un déchaînement de rythme, de couleurs, d’effets spéciaux graphiques, un film débordant de fantaisie. Bref, un «Trainspotting » à l’irlandaise. Le film, rondement mené, s’ouvre sur une scène de baptême spectaculaire et se termine sur un concert de rap gaélique ébouriffant. Sur fond de musique se joue le combat pour la reconnaissance du gaélique en Ulster. La loi de décembre 2022 reconnaîtra définitivement cette langue en Irlande du Nord. Le film a été le clou du festival Sundance 2024.
- Steps of Freedom - 20h30 - présenté par John Reichenbach
Inédit- Les pas de la liberté ; histoire de la danse irlandaise
- De Ruan Magan (UK, 2022, 59 min), produit par BBC 4
- Ce documentaire – qui a raflé plusieurs prix dans sa catégorie – est le premier qui raconte l’histoire de la danse irlandaise (gigue), et de son évolution à travers les âges, passant de simple divertissement populaire et campagnard au statut de danse de résistance à l’occupation anglaise, puis à celui de phénomène international réunissant des millions de danseurs dans le monde entier (on l’enseigne dans plus de 50 pays). On peut y voir les performances extraordinaires des meilleurs interprètes actuels ainsi que de précieuses archives visuelles et sonores, certaines mettant en exergue le rôle capital joué par la diaspora irlandaise aux États-Unis. Les Irlandais ont dansé, dansent encore, dans les moments de joie comme dans ceux de détresse – et ils ont intégré dans ce mode d’expression des influences provenant des multiples peuples entrés en interaction avec eux. Comme le dit Morgan Bullock, jeune star afro-américaine de la gigue irlandaise : «La danse ne peut pas être capturée, elle vole de ses propres ailes».
- Ladies in Lavender - 16h
Carré d'Art :
- Cottage on Dartmoor - 10h
- (UK, 1929, 1h24). Film muet. Policier, drame, d’Anthony Asquith. D’après Herbert Price. Avec Hans Adalbert Schlettow, Uno Henning, Norah Baring
- Une histoire d’obsession amoureuse et de jalousie mortifère classique, mais merveilleusement mise en image par un Asquith au pinacle de son inventivité visuelle. Sally, une jeune femme s’occupant de son enfant dans son cottage, se trouve soudain face à un homme tout juste évadé de prison. Pour elle, c’est le passé qui refait surface… A Cottage on Dartmoor marque les esprits par la mise en scène brillante d’Asquith qui n’a rien à envier aux meilleurs muets d’Hitchcock. Sa maîtrise de la construction dramatique avec des plans merveilleusement travaillés, des cadrages, des lumières et un montage au couteau dans les moments clés, fait merveille. (d’après Cinéma de Rien, de Nicolas Botti)
- To Sir, With Love - 14h
- Les anges aux poings serrés
- Drame, de James Clavell (UK, 1967, 1h45). Avec Sidney Poitier, Judy Geeson, Christian Roberts, Suzy Kendall,…
- Tout juste arrivé en Angleterre, Mark Thackerey prend un emploi de professeur dans une école d’un quartier populaire dans l’est de Londres. Les élèves de sa classe sont très durs, mais loin de se laisser abattre, il décide de faire front. «To Sir With Love s’inscrit dans la lignée des films où un professeur courageux, déterminé et charismatique se retrouve face à une classe d’élèves cyniques et marginalisés par le système scolaire. L’ambiance est pop, le film est bien dialogué et les acteurs sont convaincants. Au premier rang d’entre eux, on retrouve le plus grand acteur hollywoodien « de couleur » de tous les temps, Sidney Poitier.
- The Way to the Stars - 16h
- Two Cities
- Guerre, d’Anthony Asquith (UK, 1945, 1 h49). Avec Michael Redgrave, John Mills, Rosamund John, Douglass Montgomery, Basil Radford, Bonar Colleano, Trevor Howard, Jean Simmons
- Des films glorifiant la Royal Air Force, The Way to the Stars sera vite le plus populaire auprès du public britannique. Sorti en 1945, il aurait évidemment une fonction différente des autres films de l’effort de guerre. Il ne s’agissait plus tant de soutenir le moral des Britanniques et de faire oeuvre de propagande, que de rendre hommage au combat héroïque qu’avaient mené ces « glorious few». Dès le générique, des remerciements sont exprimés pour la collaboration obtenue de la R.A.F. et de l’U.S. Air Force. Compte tenu de ce cahier des charges assez rigide, on pouvait redouter un film quelque peu corseté et convenu. La belle séquence d’ouverture le situe d’emblée sur un autre registre. Partant d’une pancarte indicatrice envahie par les herbes hautes, signalant le « Ha’penny Airfield », de longs travellings mélancoliques enchaînés, nous font parcourir pistes d’atterrissage enfouies sous la végétation, hangars déserts, tour de contrôle désaffectée, chambrées silencieuses dont les murs portent trace de vies effacées, d’êtres disparus, jusqu’à l’image où un troupeau de moutons reprend possession des pacages, symbole du retour à une Angleterre rurale, édénique et en paix. «Tout ici était si différent en 1940 » annonce le commentaire…
Sémaphore :
- Woman in Gold - 18h - séance spéciale avec le musée des beaux-arts - présenté par Barbara Gouget, Conservatrice du Musée des Beaux-Arts
- La femme au tableau
- Avec Helen Mirren, Ryan Reynolds, Daniel Brühl et Katie Holmes
- Le film retrace le combat juridique de Maria Altmann, pour récupérer, soixante-cinq ans, plus tard auprès du gouvernement autrichien les peintures de Gustav Klimt que sa famille possédait et qui avaient été volées par les nazis, puis exposées au musée du Belvédère. La collection comprend notamment le portrait de sa tante, Adèle Bloch-Bauer, renommé La Femme en or, après la guerre par le gouvernement autrichien afin de dissimuler l’identité juive du sujet. Maria Altmann est conseillée par un jeune avocat de Los Angeles, E. Randol Schoenberg, petit-fils du compositeur Arnold Schoenberg. Ils sont aidés par un journaliste qui, par ses reportages sur l’art volé, a contribué par la suite à l’adoption de la loi autrichienne sur la restitution des œuvres d’art.
- Indian Palace - 20h30
- Bienvenue au Marigold Hotel
- Comédie dramatique de John Madden (UK, 2011, 2h 04min), scenario de Ol Parker, d’après These Foolish Things de Deborah Moggach avec Maggie Smith, Judy Dench, Bill Nighy, Dev Patel, Tom Wilkinson
- Un groupe de retraités britanniques décide de séjourner en Inde dans un palace et à bon prix. Il se retrouvent dans un hôtel délabré au charme désuet. Les expériences collectives qu’ils y vivent, la découverte d’un nouvel art de vivre dans ce pays aux couleurs chatoyantes (le film a été tourné à Khempur, au Rajasthan) vont chambouler leurs habitudes, chasser les pensées morbides et leur apprendre que l’amour peut transformer la vie dans l’oubli d’un passé gris et terne. Dans ce film revigorant, John Madden dirige la crème du cinéma britannique : Maggie Smith et Judy Dench y font merveille, et les acteurs masculins ne sont pas en reste. Grand succès mondial, Indian Palace a été récompensé par le Golden Globe du meilleur film musical ou comédie en 2013.
Auditorium Pablo Neruda (théâtre Chirstian Liger) :
- Rencontre avec Karl Naegelen - 19 h
Le compositeur présente sa démarche de création d’une musique de film pour les élèves du Conservatoire (chœur et orchestre) sur le court-métrage choisi Come Back to Erin. Comment les images et les situations peuvent inspirer une musique, des improvisations voire même des bruitages. Comment a été choisi le matériau musical en lien avec le contexte historique et culturel de l’époque. Quelles sont les contraintes de réalisation dans l’écriture mais aussi dans l’interprétation de la « bande son » en temps réel. Entrée libre dans la limite des places disponibles
- Cottage on Dartmoor - 10h
Carré d'Art :
- The Girl on the Motorcycle - 10h - Goodbye Marianne Faithful
- La Motocyclette
- De Jack Cardiff (Fra/UK, 1968, 1h31) Avec Marianne Faifthfull, Alain Delon, Roger Mutton
- D'après le roman d'André Pieyre de Mandiargues La motocyclette publié en 1963 chez Gallimard. Rebecca, tout juste mariée, quitte son mari auprès de qui elle s'ennuie. Nue sous sa combinaison de cuir, elle enfourche sa Harley Davidson, cadeau de mariage de son amant pour aller rejoindre ce dernier. Cette femme qui veut s'émanciper de son mari est-elle aussi libre qu'il n’y paraît ? Ce film fut sélectionné officiellement en compétition au Festival de Cannes de 1968, année où aucun prix ne fut décerné pour cause d'annulation. Jack Cardiff, le réalisateur, est plus connu pour son talent de directeur de la photographie, notamment sur Black Narcissus (Le narcisse noir) de Michael Powell et Emeric Pressburger que les Ecrans Britanniques ont eu l'occasion de projeter lors de différents festivals.
- The Winslow Boy - 14h - présenté par Justin Kwedi
- Winslow contre le roi
- Drame, Procès, d’Anthony Asquith. (UK, 1948, 1h57). Avec Cedric Hardwicke, Basil Radford, Margaret Leighton
- En 1908, George Archer-Shee, adolescent de douze ans et cadet au Collège Royal Naval d’Osborne est renvoyé de l’établissement pour vol. Son père, convaincu de son innocence et révolté par les conditions injustes de son renvoi, va alors remuer ciel et terre pour qu’un jugement équitable lui soit accordé. The Winslow Boy est une des grandes réussites d’Anthony Asquith et sans doute un des films anglais les plus populaires de la fin des années 40, tiré de faits réels. Anthony Asquith y collabore pour la première fois avec le dramaturge Terence Rattigan dont il adapte la pièce éponyme, avant leur autre classique commun que sera The Browning Version (1951). La pièce et le film se montrent très fidèles à ce déroulé tout en apportant une touche d’humanisme bienvenue dans la quête de justice d’Arthur Winslow. Combat noble contre l’opacité et l’arbitraire, le film ne cède pas à la facilité de l’emphase dramatique et place la notion d’individu, fortement discutée à cette époque, au centre du récit. D’après l’analyse de Justin Kwedi
- Pool of London - 16h - présenté par Justin Kwedi
- Les trafiquants du Dunbar
- Drame, Enquête, de Basil Dearden (UK, 1951, 1 h 25). Avec Bonar Colleano, Earl Cameron, Susan Shaw
- Le Dunbar, un navire de commerce britannique, rentre à quai à Londres. Dan, jeune marin, fait un peu de trafic pour arrondir ses fins de mois. Pour ne pas éveiller les soupçons, il demande parfois à son ami jamaïcain Johnny, de lui donner un coup de main. Mais alors que Johnny refuse de s’impliquer davantage, Dan accepte une proposition pour un gros coup. Un fabuleux thriller trop méconnu qui aborde en outre deux sujets encore tabous à l’époque : la contrebande et les relations interraciales. Earl Cameron (1917-2020) est un acteur natif des Bermudes dont la carrière au cinéma est parfois comparée à celle de Sidney Poitier. Sa participation à deux films de Basil Dearden (avec « Sapphire » en 1959) dans des rôles à mille lieues des stéréotypes a joué un rôle majeur dans la représentation des minorités sur les écrans britanniques.
Sémaphore :
- The Flats - 18h15 - présenté par Karine Bigand
Avant-première- (IRL, 2024, 1h54) Documentaire, d’Alessandra Celesia
- Après Le Libraire de Belfast, en 2011, voici le deuxième film sur Belfast de la documentariste Alessandra Celesia. Elle nous plonge dans l’histoire des «Troubles», période de violence due au conflit nord-irlandais entre 1960 et 1998. C’est au travers des yeux de Jo, se remémorant son passé, que la cinéaste fait le portrait d’habitants du quartier de New Lodge. En compagnie de ses voisins, il évoque les traumatismes subis et les difficultés de la vie quotidienne. Afin d’être au plus près du personnage, la réalisatrice l’accompagne par la caméra, mêle fiction et réalité, présent et passé. Par les choix de mise en scène, le travail de montage et la qualité de la photographie, elle construit une œuvre poignante et émouvante.
- The Lady in the Van - 20h30
- De Nicholas Hytner, (UK, 2015, 1 h 44). Avec Maggie Smith, Alex Jennings, Roger Allam
- Dans les années 70, l’écrivain et dramaturge Alan Bennett achète une maison dans le quartier de Camden à Londres. Il découvre qu’une vieille dame nommée Mary Shepherd vit dans sa camionnette à quelques pas de là. Il va progressivement établir avec elle une relation de «voisinage » qui se poursuivra jusqu’à sa mort. Bennett tirera de cette histoire une pièce de théâtre que son complice de cinéma Nicholas Hytner adapte et qui fournit à Maggie Smith un de ses plus beaux rôles, récompensé par un BAFTA et un Golden Globe. A voir ou à revoir.
- The Girl on the Motorcycle - 10h - Goodbye Marianne Faithful
Lycée Daudet :
- Ciné-concert - 18h30 (Salle Terrisse)
Sémaphore :
- Lee Miller - 20h30 - séance spéciale avec le Club de la presse du Gard - présenté par Stéphanie Pérez, grand reporter et le Club de la presse du Gard
- De Ellen Kuras (UK, 2023, 1 h 57). Avec Kate Winslet, Andy Samberg, Alexander Skarsgård et Marion Cotillard
- Le film d’Ellen Kuras retrace la vie de Lee Miller, ancien mannequin et photographe devenue correspondante de guerre pour le magazine Vogue au cours de la Seconde Guerre mondiale. Elle a suivi le débarquement d’août 1944 et était à Saint Malo au moment de sa libération. En 1945, elle fit la découverte des camps de Buchenwald et de Dachau qu’elle contribuera à faire connaître par ses photographies. Ellen Kuras, qui avait été frappée de la similitude entre Kate Winslet et la photographe, a donné l’idée à l’actrice de lancer le projet de ce film dont elle sera la productrice et dans lequel elle tient le rôle-titre. Le film a rencontré un gros succès en Grande Bretagne et a valu à Kate Winslet une nomination pour la meilleure actrice aux Golden Globes de 2025 pour son interprétation de la photographe.
Carré d'Art :
- The Browning Version - 10h - présenté par Justin Kwedi et Nicolas Botti
- L’ombre d’un homme
- Drame, d’Anthony Asquith. (UK, 1951, 1h30). Scénario : Terence Rattigan, d’après sa pièce. Avec Michael Redgrave, Jean Kent, Nigel Patrick
- Andrew Crocker-Harris, professeur austère d’un établissement scolaire anglais, superbement interprété par le grand Michael Redgrave, se retourne sur sa vie vers la fin de sa carrière, avec un immense sentiment d’échec. Il est devenu «le Crock » ainsi surnommé par ses élèves qui le tournent en dérision mais le redoutent. Jusqu’au jour ou un élève vient faire un geste envers lui qui le bouleverse. Vous découvrirez, si vous ne le savez pas, ce qu’est «la version Browning » Michael Redgrave a obtenu pour ce rôle le prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes 1951 (Ce grand classique fit l’objet en 1994 d’un «remake » par Mike Figgis avec Albert Finney
- Courts métrages London Film School - 14h
Inédit - Pride of Miss Jean Brodie - 16h - rencontre avec Michael Coveney en visio
- Les belles années de Miss Brodie De Ronald Neame (UK/USA, 1969, 1h56).
- Avec Maggie Smith, Robert Stephens, Gordon Jackson, Pamela Franklin, Celia Johnson
- Édimbourg, au début des années 30. Jean Brodie (Maggie Smith) est une professeure d’histoire dans une école pour filles qui se donne corps et âme à ses jeunes élèves. Libre et fantasque, elle a du mal à s’accommoder de la petite morale bourgeoise. Elle rêve de faire de ses élèves des personnages de roman, au grand dam de la responsable de l’école, Miss Mackay (Celia Johnson). Personnage outrancier, Miss Brodie va aller trop loin et son comportement va la mener à sa propre perte. Maggie Smith obtiendra un Oscar mérité pour ce rôle de professeure charismatique et défricheuse de talent mais également manipulatrice et inquiétante par ses orientations idéologiques. Un personnage aussi malsain que fascinant, face sombre du professeur charismatique habituel incarné à l’écran, notamment par Robin Williams dans Dead Poets Society (1989) et par Sidney Poitier dans To Sir, with Love (1967).
Sémaphore :
- Pygmalion - 18h15 - présenté par Justin Kwedi
- (UK, 1938, 1h36) - Comédie, romance, d’Anthony Asquith et Leslie Howard. Montage de David Lean. Avec Leslie Howard, Wendy Hiller, Wilfrid Lawson
- Le professeur Henry Higgins, éminent linguiste s’intéresse particulièrement à une fleuriste, qui a, de son point de vue, un langage très primitif. Snob, misogyne, prenant la jeune femme pour un « objet d’expérimentation », il ne peut résister au défi que lui soumet un confrère : faire passer cette souillon pour une duchesse. «Le défi est tellement alléchant. Son cas est si désespéré, elle est si laide et si sale. Je ferai une duchesse de cette souillon idiote.» Pygmalion est une excellente comédie adaptée de la pièce de George Bernard Shaw et bénéficie en outre d’une réalisation dynamique, En 1964, George Cukor signera une nouvelle adaptation de la pièce, le non moins fameux My Fair lady (1964).
- Dance First - 20h45
Inédit- La danse en premier
- Biopic, de James Marsh (UK/Hon/Bel, 2023, 1h40). Avec Gabriel Byrne, Fionn O’Shea, Sandrine Bonnaire, Aidan Gillen, Robert Aramayo
- James Marsh, réalisateur britannique familier des histoires vraies et autres biographies, s’attaque cette fois à l’existence d’un géant de la littérature, Samuel Beckett. Dance First dont le titre reprend un propos de l’auteur (Danse d’abord, réfléchis plus tard) nous propose une porte d’entrée dans le cerveau de l’auteur incarné par plusieurs acteurs selon les moments de sa vie, de sa jeunesse jusqu’à son Prix Nobel de Littérature. Certains sont tournés en noir et blanc, d’autres en couleurs. C’est une plongée dans la vie et les mots de l’artiste. Le film a été présenté en avant-première au festival international du film de Saint-Sébastien 2023
- The Browning Version - 10h - présenté par Justin Kwedi et Nicolas Botti
Carré d'Art :
- Proud Valley - 10h - présenté par Nicolas Botti
- Drame, de Pen Tennyson (UK, 1940, 1h16). Avec Paul Robeson, Edward Chapman, Simon Lack, Rachel Thomas, Janet Johnson, Dilys Thomas
- Arpentant les routes galloises à la recherche d’un travail, David, marin américain, trouve son bonheur dans un village où on lui propose un emploi dans la mine afin de le convaincre de chanter dans la chorale. Drame social avant l’heure, «The Proud Valley» offre un rôle à sa mesure à l’Afro-américain Paul Robeson (1898-1976) qui connut la gloire en tant que chanteur mais fut aussi boxeur, acteur et un fervent défenseur des droits civiques. «The Proud Valley» est un drame où finalement la couleur de peau est loin d’être une question centrale. Le sujet est balayé avec ironie en quelques répliques au début du film. Robeson incarne ici un personnage chaleureux et héroïque, débordant d’humanité.
- Private Function - 14h
- Porc Royal
- Comédie, de Malcom Mowbray (UK, 1984, 1h33) avec Maggie Smith, Michael Palin, Denholm Elliott, Pete Postelthway
- Le 20 novembre 1947, on célèbre le mariage de la Princesse Elizabeth, future Reine d’Angleterre, avec le Prince Philip Mountbatten. A cette occasion, chaque village et ville d’Angleterre se doit d’organiser un banquet en l’honneur des jeunes mariés. Durant ces années d’après-guerre, l’Angleterre souffre encore de stricts rationnements alimentaires. Trois notables peu amènes organisent les préparatifs du banquet et sélectionnent les invités sur des critères d’appartenance de classe et d’origine. Ils ont engraissé clandestinement un cochon et ce, malgré la surveillance étroite d’un inspecteur de la répression des fraudes aux méthodes qui rappellent les sinistres agissements de la « Gestapo ». C’est ce porc qui est au cœur de l’intrigue. Deux ans après The Missionary (Drôle de Missionnaire), le duo Maggie Smith et Michael Palin est à nouveau réuni au service d’une comédie à l’humour très british, sage mais plaisante, qui stigmatise les privilèges de classe. Maggie Smith, épouse d’un modeste pédicure (Michael Palin), en rajoute dans le snobisme et fait preuve d’une ambition sans limite.
- Bruning an Illusion - 16h - présenté par Nicolas Botti
- Drame, de Menelik Shabazz (UK, 1981, 1h46) . Avec Cassie McFarlane, Victor Romero Evans, Beverley Martin
- « Burning an Illusion » est un film sur l’identité noire et la difficulté de s’intégrer pour une jeune génération qui n’a connu que l’Angleterre mais qui, dans une période tendue par la crise économique et l’arrivée de Thatcher au pouvoir, est confrontée de plus en plus au rejet. Difficile pour autant de s’organiser d’une façon communautaire dans une société qui pousse à l’individualisme exacerbé. De jeune femme bien rangée, Pat va s’ouvrir à la cause noire quand son ex-petit ami se fait arrêter par la police à la sortie d’une boîte de nuit et écope de 4 ans de prison. Menelik Shabazz, natif de la Barbade, propose ici un très beau portrait de femme noire britannique. Cela fait aussi partie de son originalité, Burning an Illusion étant le premier film britannique dont le personnage central est une femme noire
Sémaphore :
- MacPat le chat chanteur - 16h - film Jeune Public
- Animation, de Jack Hamman et Sarah Scrimgeour (UK, 2024, 40 min)
- Au cœur de Londres, MacPat le chat chanteur et son ami Fred, musicien, donnent des concerts de rue. Leur quotidien est fait de passants charmés qui s’arrêtent pour écouter ce duo atypique, jusqu’au jour où ils sont séparés. Soumis aux aléas de la rue et après quelques rencontres bienveillantes, MacPat n’a qu’une idée en tête : retrouver Fred. Une histoire de chansons, d’amitié, de persévérance dans l’adversité. Un joli court-métrage signé des studios Magic Light, créateurs du Gruffalo. Pour le plus grand plaisir des petits, des grands, des amoureux des félins, ou tout simplement du cinéma d’animation, MacPat et le chat chanteur sera précédé de trois courts-métrages européens, tous centrés autour des chats: Le chat dans le sac (de Nils Skapans, Lettonie), Le chat (de Julia Ocker, Allemagne) et Erwin (de Petr Jindra, République Tchèque).
- Name me Lawand - 18h15 - présenté par Edward Lovelace (sous réserve) - avec l’aimable collaboration du British Council
- (UK, 2022, 1h22). Documentaire, d’Edward Lovelace
- Etre né en Irak, c’est connaître très tôt des turbulences dans la vie. Mais lorsqu’on vient au monde en étant sourd, les difficultés s’accumulent. Lawand est un garçon de cinq ans dont les parents pensent qu’il n’a pas d’avenir si la famille reste en Irak. Ce documentaire poignant et immersif relate le voyage de Lawand et de sa famille pour atteindre Londres et la Royal School for the Deaf Derby, établissement spécialisé où langage des signes et apprentissage de l’anglais vont de pair. Entre chaos et espoir, camps de fortune et école sanctuarisée, le film dévoile un scénario à suspense que le jeune kurde subit autant qu’il l’embrasse. Par sa caméra subjective et une musique planante et émouvante, ce film est un modèle du genre. Il élève le spectateur et constitue un événement dans son approche de l’altérité. Tout ce que l’on recherche dans un documentaire de qualité. Prix spécial du jury au BFI London Film Festival 2022. Meilleur film international au Festival du Documentaire de Toronto.
- Deads Man's Money - 20h45 - présenté par Paul Kennedy
Inédit- Comédie dramatique, de Paul Kennedy (UK, 2024, 1h22). Avec Ciaràn McMenamin, Judith Roddy, Pat Shortt
- Dans la campagne nord-irlandaise. Pauline et Henry tiennent le pub local et travaillent d’arrachepied. Ils voient d’un mauvais œil la relation que l’oncle d’Henry entame avec une femme trois fois veuve. Inquiet pour son oncle autant que pour son potentiel héritage, Henry, épaulé par sa femme, cherche à sécuriser ce qui est censé lui revenir. Par la discussion ou par des solutions plus… radicales, telle est la question ! On se délectera de ce film écrit en cinq chapitres qui rappelleront les cinq actes de la tragédie classique. Une sorte de Macbeth rural, tragicomédie noire aux manigances jubilatoires
- Proud Valley - 10h - présenté par Nicolas Botti
Sémaphore :
- Conclave - 11h - séance de rattrapage
- (UK/US, 2024, 2h) - Drame, d’Edward Berger . Avec Ralph Fiennes, Stanley Tucci, Isabella Rossellini
- A la mort mystérieuse du Pape, le Cardinal Lawrence doit organiser sa succession. Il découvre alors des secrets et des machinations insoupçonnables. Conclave est un passionnant huis-clos porté par des interprètes remarquables. Le film est adapté d’un roman du célèbre romancier britannique Robert Harris, sous la houlette du scénariste Peter Straughan et brillamment mis à l’écran par Edward Berger (acclamé précédemment pour A l’ouest rien de nouveau). Un suspense au Vatican 6 fois nominé aux Oscars.
- Freud's Last Session - 14h
Avant-première- Professeur Freud
- Drame de Matt Brown (UK/USA/Irl, 2025, 1h50). Avec Anthony Hopkins, Matthew Goode, Liv Lisa Fries
- Dans une Europe sur le point d’être ravagée par la seconde guerre mondiale, Sigmund Freud s’est réfugié à Londres, en compagnie de sa fille Anna. Devenu difficile à vivre et en proie à la maladie, il engage un dialogue avec l’écrivain C. S Lewis sur l’existence de Dieu. Deux beaux numéros d’acteurs pour un duel intellectuel, une joute philosophique entre deux figures majeures du 20e siècle, l’un anglican fervent, l’autre juif non pratiquant.
- Babylon - 16h15 - présenté par Nicolas Botti
- De Franco Rosso (UK, 1980, 1 h 35) - Avec Brinsley Forde, David N. Haynes, Trevor Laird, Shaka, Mel Smith
- Situé au début de l’ère Thatcher, dans les quartiers pauvres du sud de Londres (Lewisham et Brixton), « Babylon » est un portrait sans concession sur le racisme au quotidien. On y explore principalement la longue descente aux enfers du personnage de Blue. Acculé à la démission par la pression de son patron raciste, poussé à quitter le domicile familial par son beau-père qui ne peut le supporter, arrêté arbitrairement par la police et lâché par sa copine, il verra également son cher «soundsystem» mis à sac. Trop c’est trop, Blue est sur le point de craquer et il y a de quoi ! Plus de quarante ans après sa sortie, le film conserve le même impact en tant que portrait d’une époque mais aussi d’un malaise qui trouve encore écho dans la société britannique d’aujourd’hui.
- Small Things like These - 18h30
Avant-première- Drame, de Tim Mielants (Irl/Bel/USA, 2025, 1h38). Avec Cillian Murphy, Eileen Walsh, Emily Watson
- Irlande, années 80. Bill Furlong est livreur de charbon. Père dévoué de cinq enfants, il voit autour de lui une misère omniprésente et pesante, la même qu’il a connue par le passé. Alors qu’il approvisionne le couvent, il est interpellé par une jeune fille qui l’implore de l’aider… Le secret, l’éveil d’une conscience sont au cœur de ce drame, adapté du roman éponyme de Claire Keegan. Cillian Murphy offre une performance déchirante et une nouvelle fois parfaite, au diapason de celle proposée par Emily Watson en mère supérieure omnipotente et inflexible.
- Conclave - 11h - séance de rattrapage
Ecrans britanniques et irlandais s'expose à l'Office de Tourisme
Du 1er au 31 mars et pour la durée du festival l’Office de Tourisme de Nîmes accueillera dans ses locaux :
- La galerie de photos de Marie Lauters et Jacques Pesenti
- L’affiche du festival 2025
- La guirlande des affiches de tous les festivals (1997-2024)
- La bande-annonce du festival…
Inoubliable Maggie Smith
Maggie Smith (1934-2024) aura marqué le théâtre, le cinéma et la télévision britanniques comme peu l’ont fait. Son visage et son nom ont traversé les générations à travers des compositions aussi marquantes que variées, dans tous les registres. Difficile de faire des choix dans son immense filmographie. Subtile et forte, drôle et émouvante, c’est ainsi que la montre la sélection choisie pour cet hommage. De Les Belles années de miss Brodie (qui lui valut l’Oscar de la meilleure actrice en 1970 et que nous avons sous-titré pour le festival) à The Lady in the Van (dans lequel sa performance fut récompensée par un Golden Globe et un BAFTA), l’immensité de son talent est évoquée. Porc Royal, Les Dames de Cornouailles, Indian Palace la montrent généreuse et épanouie lorsqu’elle partage la scène avec d’autres grands. Et son personnage de chaperon dans Chambre avec vue, pour lequel elle reçut aussi plusieurs récompenses, marque autant les esprits que l’intrigue romantique du film. La magie de l’inoubliable Minerva McGonagall dans la saga Harry Potter n’est décidément pas près de s’estomper.
Anthony Asquith - Rétrospective
Anthony Asquith auquel nous rendons hommage cette année a été un important réalisateur et scénariste britannique né à Londres en 1902, et mort en 1968. Il était le fils de Herbert Asquith, Premier ministre du Royaume-Uni de 1908 à 1916. Sa carrière a couvert la fin du muet, l’entre deux-guerres, la deuxième guerre mondiale, pour s’achever dans les années 60 avec des films à distribution internationale. Les habitués des «Ecrans brit» se souviennent peut-être de 2 ciné-concerts mémorables, accompagnant ses deux chefs-d’œuvre muets Underground (Un cri dans le métro) et Shooting Stars de 1927 et 28. Anthony Asquith eut ensuite à son actif un certain nombre de films et une notoriété dans la profession qui n’était plus attribuable au simple fait qu’il était le rejeton d’un ancien Premier Ministre de Sa Majesté! Cette œuvre apparaissait assez éclectique et semblait témoigner jusque là d’une prédilection pour les comédies légères ou les mélodrames. Son nom demeurera aussi, pour une bonne part, associé à des adaptations filmiques de pièces théâtrales à succès d’auteurs connus (Oscar Wilde, G.B. Shaw – dont le Pygmalion que nous proposons–, Terence Rattigan), ce qui lui vaudra une réputation de metteur en scène d’une «qualité British» conventionnelle et peu innovante. La guerre le verra ensuite s’écarter de plus en plus de son inspiration antérieure, et s’affirmer dans des projets plus personnellement ressentis. Avec le recul, historiens et critiques s’accordent aujourd’hui pour dire qu’il est «le plus injustement oublié des grands cinéastes britanniques».
© Textes et notules extraits de Et le cinéma britannique entra en guerre
Black in Britain
De l’après-guerre au tout début des années 70, le gouvernement britannique encourage l’immigration de main-d’œuvre en provenance du Commonwealth, dont les Indes Occidentales. On baptisera ces immigrés des Caraïbes la «génération Windrush», d’après le nom du paquebot qui en juin 1948 ramène à Londres près de 500 hommes et femmes originaires des Caraïbes. Parallèlement, des immigrés d’Afrique anglophone (Nigéria, Kenya,...) vont également rejoindre les rangs des bâtisseurs de l’après-guerre. Installés notamment dans le quartier alors populaire de Notting Hill à Londres, ces immigrés vont marquer culturellement la société britannique, mais les difficultés économiques s’accumulant, feront figure d’indésirables et de proies faciles pour l’extrême droite.
C’est leur histoire et leur représentation que les Écrans britanniques et irlandais vont proposent d’explorer. Tout d’abord à travers la première star noire du cinéma britannique pourtant originaire des États-Unis : l’afro-américain Paul Robeson qui trouvera en Grande-Bretagne à la fin des années 30 des rôles bien supérieurs (The Proud Valley) à ceux qu’on lui proposera aux USA . Sidney Poitier suivra le même chemin près de 30 ans plus tard avec To Sir, With Love.
Dans les années 50, le réalisateur Basil Dearden et l’acteur Earl Cameron tourneront ensemble deux films, Pool of London et Sapphire, qui révolutionneront le regard sur la minorité noire.
Enfin, l’association vous propose aussi cette année deux films traitant du défi croissant de l’intégration des nouvelles générations dans l'Angleterre ultra-libérale de Margaret Thatcher : Babylon, Burning An Illusion. Le sujet est encore d’actualité, comme nous le montrent le drame socialRocks et le documentaire poignant White Nanny Black Child, tout à fait contemporains.
Les ciné-concerts du conservatoire
Le Conservatoire a répondu favorablement à l’invitation de l’association pour participer au traditionnel Ciné-concert du Festival, fort d’une première expérience très positive en 2023. Cette année, l’ambition est de mobiliser les élèves musiciens et de leur permettre d’expérimenter cette pratique exigeante et passionnante d’une musique à l’image en temps réel. Cinq films ont été sélectionnés par les enseignants encadrant des ensembles aussi divers qu’un quatuor de saxophones, de trombones, d’un ensemble de jeunes musiciens jouant des cuivres, d’un orchestre et d’un chœur de collégiens, enfin de la classe de composition électroacoustique. Pour l’occasion une commande d’œuvre a été passée au compositeur Karl Naegelen pour le chœur et l’orchestre.
Salle Terrisse - Lycée Daudet - Jeudi 20 mars, 18h30 :
- Prelude (UK)
- (de John Astin, 1968) par un quatuor de trombones
- Bonzo has a Nigthmare (UK)
- (d'Edward Muybridge, 1925) par les compositeurs de la classe d'électroacoustique
- Whaling Afloat and Ashore (IRL)
- (R.W Paul, 1908) par un quatuor de saxophones
- Come Back to Erin (IRL)
- (de Sydney Olcott, 1914) par l’orchestre et chœur de CHAM Feuchères Sur une création musicale commandée au compositeur Karl Naegelen BOY WANTED (IRL) par l’ensemble de cuivres cycle 1
en collaboration avec le Conservatoire de la Ville de Nîmes, le British Film Institute, l’Irish Film Institute
Tarifs :
- Entrée générale : 10 €
- Etudiants, chômeurs, détenteurs de la carte Ecrans Britanniques : 5 €
Courts métrages de la London Film School
La London Film School, fondée en 1956 est la plus ancienne école de cinéma du Royaume Uni. Elle accueille aujourd’hui 248 étudiants venus de 52 pays.
On y propose des Master 2 en réalisation, écriture de scénario et industrie internationale du cinéma (International Film Business). En septembre prochain, s’y ajouteront deux nouveaux cursus: Film Marketing et Production.
Le Hollywood Reporter l’a désignée en 2024 l’une des meilleures écoles de cinéma du monde. Les films de ses élèves ont été sélectionnés à Cannes, Berlin, Tribeca, Clermont-Ferrand, le British Film Institute London Film Festival, les Oscars et Sundance.
Son directeur, Chris Auty nous fait le plaisir et l’honneur de venir en présenter cinq. Notons qu’il succède à Mike Leigh, invité du 17e festival, Palme d’or à Cannes, réalisateur du film d’ouverture Hard Truths.
Carré d'Art - vendredi 21 - 14h - présentés par son directeur, Chris Auty
Inédits
- The Lost Scot
- 3 amis londoniens décompressent lors d’un week-end en Écosse. Les choses dérapent. Un petit bijou d’humour noir.
- Sharks in Colwyn Bay
- Un restaurateur idéaliste installé sur la côte galloise a bien du mal à faire face à son créancier. Une histoire de passion et de choix drastiques.
- On your behalf
- Le portrait d’une jeune femme dont les accès de violence posent question. Radicale ? De toute évidence. Un film accrocheur et cathartique.
- Rickshaw
- Un jeune garçon voit sa soirée d’anniversaire à Londres prendre un autre tour lorsqu’il est importuné par un enfant du même âge, marginal. Au cœur de ce film : l’éveil d’une conscience et le choc entre deux mondes.
- Poet
- Employée dans une usine chinoise, une femme s’accroche à son rêve d’écriture, entre cadences infernales et pressions coupables de son patron.
Renseignements pratiques
Pour les adhérents :
- Gratuit à Daudet (sauf ciné-concert) et à Carré d'Art (priorité donnée à l'entrée)
- Tarif partenaire de 6 € au Sémaphore
Soutenez-nous… Adhérez !
Nouveauté : adhésions en ligne possibles sur le site :
- Carte membre 20 € / étudiants, chômeurs 10 €
- Carte bienfaiteur (60 € avant réduction fiscale)
Permanences au Sémaphore pour les adhésions à l’association EBS :
- 45 minutes avant chaque séance :
- Vente des cartes d’adhésion
- Distribution des cartes pour les adhésions faites en ligne
- Mardi 11 mars 14h à 17h au Sémaphore :
- Vente des cartes d’adhésion
Les séances scolaires
Un ou plusieurs films du programme vous intéresse·nt ? Pour tout renseignement sur les films, projets pédagogiques, invités, ainsi que les réservations à Carré d’Art et Daudet :
- Par mail : isa.ecrans.brit@gmail.com
- Par téléphone : 06 07 70 40 93
Pour les films passant au Sémaphore, les séances scolaires sont à réserver directement au cinéma (04 66 67 83 11)